mercredi 20 mai 2020

Si on cessait d'encenser... Uber

Des mois... des années... que Uber est porté aux nues...

Un petit sujet d'une minute au Journal du matin de la Radio Suisse Romande m'a interpellé
 Extrait du journal du matin - RSR1 19.05.2020
Extrait du Journal du matin - RSR1 19.05.2020


Des mois des années que les médias encensent ce modèle... Mais quel modèle ?

Sur le modèle Marketing ? 
Rien à dire, c'est pro, c'est cadré, c'est vendeur (et c'est moi qui le dit !)

Sur le modèle social ?
Sans même parler de la précarité de ses employés/indépendants, n'importe quel patron d'entreprise en Suisse le sait; engager un "simili" indépendant revient à se faire rattraper par l'AVS, à se voir contrôlé au niveau des attestations d’indépendants, à voir son contrat requalifié par les Prud'hommes et au final devoir payer l'entier des charges sociales estimées... Ainsi, depuis des années, éloge est faite d'un modèle qui passe entre les gouttes, qui n'est pas contrôlé et ne ne paye pas de charges sociales. Un passe-droit (ou une absence de droit) pour une situation et un discours qui aurait amené n'importe quelle PME suisse en tribunal, contrainte de régler rubis sur l'ongle ses charges.
Un modèle de distorsion de la concurrence, que nos autorités tolèrent pour une raison qui m'échappe... (la peur de critiquer un "modèle" de modernisme ? ou la simple facilité de s'attaquer à plus petit ??)

Sur le modèle économique ?
Comment peut-on encenser, admirer (voire acheter ses actions) ou simplement laisser agir une société qui n'a jamais dégagé un franc de bénéfice ? Malgré ses conditions salariales discutables, malgré cette absence de charges, malgré l'absence de responsabilité, malgré l'absence d'impôts, malgré...
Nombre de PME rêveraient de pouvoir travailler sans charges sociales, sans structure et sans impôts... Mais combien de PME pourrait survivre sans dégager de bénéfice ?
La libre concurrence vaut pour tous, les conditions cadres doivent être les mêmes pour tous.
Une brèche dans la loi ou une astuce pour la contourner a toujours été rattrapée par la justice au nom du respect du "sens de la loi" qui prévaut en droit suisse. Les décisions arrivent, mais bien moins rapidement que le développement d'Uber !

L'attrait de Uber est immense et les prix pratiqués rendent la critique impossible ! Qui donc oserait critiquer un service pratique et qui casse les prix ? Cette approche de prix bas et de "démocratisation" me fait penser à Easyjet... Vous savez, cette entreprise qui a révolutionné le transport aérien... Avant que l'on parle de la pollution des transports, du bruit ou de la foule envahissant une ville...  Mais Easyjet est pourtant un employeur qui paie ses charges, ses impôts et dégage du bénéfice... Une sacrée différence... Et pourtant...

Mais le vent finit toujours par tourner... Et je sens se lever une sacrée bise...